Le livre SIMONE MARTINI, écrit par CASTRIS PIERLUIGI LE, édité par MOTTA coute 29,00 €.
Monographie du peintre italien de la première moitié du XIVe siècle...
Ecrire aujourd'hui une monographie sur Simone Martini signifie - selon moi - partir d'une lecture attentive et croisée, dans le sillage des études de Ferdinando Bologna, des deux grandes et merveilleuses réalisations à fresque des années 1310 : la Maestà du Palazzo pubblico et le décor de la chapelle Saint-Martin à Assise. Il convient de reconstituer maintenant, à la lumière des données qui ont émergé lors de la dernière restauration de la Maestà, et dont Alessandro Bagoli a fourni un compte-rendu circonstancié, la carte compliquée des allées et venues du jeune Simone entre Sienne, San Gimigniano et Assise, et de démêler l'écheveau des différentes périodes et jalons de ce parcours, et de ses premières expériences formatrices. Une monographie de Simone Martini doit aujourd'hui dépasser le simple jeu des attributions et l'exercice de philologie consistant à distinguer les oeuvres originales de l'artiste de celles de ses deux beaux-frères, Lippo et Tederigo Memmi ou de son frère Donato, pour sonder la réalité du travail et de l'organisation de la production dans un atelier du XIVe siècle, et découvrir les fonctions que remplissaient les grands polyptiques d'autel, les réseaux de la commande religieuse, les aires de diffusion : le succès du produit martinien dans une vaste zone s'étendant à travers toute la Toscane - Pise, San Gimigniano, Florence, Sienne et ses alentours -, en Ombrie - avec Orvieto et Assise - et jusqu'à Naples à la faveur des liens particuliers de l'artiste avec la cour angevine.
Pierluigi Leone de Castris
Simone Martini, Arles, éd. Actes Sud, 2007, p. 9