Catalogue de l'exposition de la Fondation Cartier, Paris (Juillet-Oct.2008). Rétrospective de l'oeuvre du sculpteur (1921-1998), préparée et mise en scène par l'architecte Jean Nouvel...
Pourtant, si quelque chose de l'histoire de l'art existe encore et ne s'est pas dissous dans l'extase de la seule marchandise et des effets de mode, César, c'est évident, y occupe une place primordiale. Qu'on aborde son oeuvre sous l'angle de la rupture, sous celui d'un radicalisme esthétique, voire sous celui d'une anticipation toute postmoderne du rapport à la critique, les gestes et la méthode de César ont de quoi retenir aisément l'attention.
Qu'on l'aborde sous l'angle de l'expérience, de la Compression à l'Expansion, de l'Empreinte humaine aux galettes , César surprend et se surprend lui-même. Il a maintes fois inventé.
Qu'on l'aborde sous l'angle de l'antériorité ou de la précocité, c'est selon, force est de constater -regardez les dates- son antériorité sur le travail de nombre de ses contemporains.
Qu'on regarde sa relation au réemploi, cette fois encore, César a indubitablement remis en jeu avant d'autres nombre de ses projets, jusqu'à créer l'incompréhension au coeur d'un système esthétique fondé sur le seule vertu du nouveau et incapable de mesurer l'importance du principe de réappropriation dont l'oeuvre de César est, à maints endroits, initiatrice.
Bernard Blistène, Dix points pour un exercice d'admiration , in César Anthologie par jean Nouvel, catalogue de l'exposition éponyme proposée à la Fondation Cartier, Paris, de juillet à octobre 2008, p. 157.
Exposition : PARIS 2008