Catalogue de l'exposition du Musée du Luxembourg (sept.2007-janv.2008) puis du Kunsthistorisches Museum de Vienne (Fév.-Juin 2008). Rétrospective de l'oeuvre du peintre de Milan : portraits anthropomorphes, têtes composées de fleurs, fruits et légumes, mises en scène de fêtes somptueuses, esquisses pour des vitraux, baldaquins, armoiries...
La métamorphose du visage humain compte jusqu'à ce jour parmi les procédés visuels les plus sûrs pour susciter l'étonnement, la déconcertation ou la joie, ou en tout cas pour attirer l'attention. En effet, elle nous pousse à franchir le pas qui sépare notre perception quotidienne du monde réel d'autres dimensions perceptives, comme celles de l'illusion, des visions, du rêve, mais aussi de l'incertitude, des apparences trompeuses, voire du cauchemar. Toutes des sensations que procurent au spectateur les têtes composées de Guiseppe Arcimboldo. C'est avant tout l'effet de surprise qu'elles créent de prime abord qui nous prend au dépourvu et nous déconcerte, le regard malmené allant et venant de l'ensemble aux détails, jusqu'au moment où l'on finit par découvrir l'artifice, et c'est alors que l'on ressent de l'amusement, de la joie ou de la répulsion. Les contemporains d'Arcimboldo durent éprouver déjà la même sensation, comme l'attestent les écrits de l'historien Paolo Morigia, mais surtout ceux de l'artiste et auteur de traités Giovan Paolo Lomazzo, ainsi que le dialogue de Gregorio Comanini, qui, tous deux, célébrèrent ses inventions comme autant de scherzi, grilli et capricci.
Sylvia Ferino-Pagden, Arcimboldo 1526-1593, ouvrage publié à l'occasion de l'exposition consacrée à l'artiste et présentée au Musée du Luxembourg de Paris du 15 septembre 2007 au 13 janvier 2008, p. 15.
Exposition : PARIS VIENNE 2007 2008
*** Etat neuf. Sous son film plastique d'origine ***