Catalogue de l'exposition du FRAC PACA (2007). Photographies en liaison avec des correspondances fictionnels, poétiques et ironiques...
L'inspiration de Joachim Mogarra naît de son quotidien, de celui de ses proches, du nôtre. Son univers artistique est constitué principalement d'objets de consommation des plus courants, qu'il emploie pour construire de petites mises en scènes, qu'il photographie.
L'artiste privilégie très vite la photographie par rapport à la peinture afin de régler une fois pour toutes les questions techniques et formelles posées par cette dernière : « Ce qui m'intéresse, c'est de faire une uvre sans que la technique et le savoir-faire entrent en ligne de compte ». La photographie autorise le geste minimal, permet le plus court chemin de l'idée à sa réalisation : les éléments de mises en scène sont bricolés à partir de ce que l'artiste a sous la main les tirages sont de format moyen et réalisés en noir et blanc, à façon. La simplicité, avant tout, pour aller à l'essentiel.
Conçues et présentées sous forme de séries, les photographies peuvent se lire comme autant de romans-photos à forte dose humoristique, puisant leur source dans la vie même de leur auteur et dans l'observation amusée et désopilante du monde. La littérature, la musique, le milieu de l'art, la vie de tous les jours, la religion, la mode... tout est prétexte à image et à commentaire : les objets photographiés se voient agrémentés de rehauts à la gouache, les titres, manuscrits, se lisent comme les légendes d'histoires aussi fantastiques que faussement triviales, comme des indices pour nourrir l'imaginaire. Texte et image sont irrémédiablement et intimement liés, l'idée du titre précédant généralement l'image, et quand le texte s'absente de la photographie, comme pendant les années 1985 - 1999, c'est pour exister sous une forme éditoriale.
La friction visuelle qu'induit la relation texte-image de l'objet représenté crée un écart de sens, un espace de tous les possibles, qui ouvre une brèche à l'imagination, au souvenir, à la spéculation narrative. Car les objets ne sont pas là pour traduire une réalité tangible et (re)connue mais pour permettre d'échafauder chez celui ou celle qui les regarde autant d'histoires personnelles, collectives... qu'inviteront à le faire la mémoire ou le rêve.
Exposition : MARSEILLE 2007