Livre rare. Catalogue de l'exposition du Musée du Louvre (Octobre 2007-Janvier 2008). Grande rétrospective, sous la direction de Assadullah Souren Melikian-Chirvani, à partir d'objets provenant de tous les musées du monde. Le catalogue est organisé en trois partie : L'épanouissement safavide -XVI siècle; La métamorphose inattendue -XVII siècle; L'art de l'Iran dans l'Orient persanophone.
"Les historiens s'étonneront que les spécialistes occidentaux aient tant tardé à traiter de l'art de l'Iran en le replaçant dans le contexte de sa culture. Peut-être cette culture était-elle fondée sur des prémisses trop différentes de celles de l'Europe pour être comprise d'emblée. Pour l'Iran, le monde que l'Occident appelle réel n'est que la métaphore de la réalité supérieure du monde spirituel.
Son art ne décrit donc jamais ce monde matériel. Il transcrit visuellement des métaphores dont l'énoncé en clair est livré par la littérature, qu'il suffit de fréquenter pour en saisir le sens. Le poète comme le prosateur disent que le ciel est de lapis, de turquoise ou d'or, selon la nature de la lumière à laquelle ils se réfèrent et l'artiste à son tour peint un ciel bleu lapis, bleu turquoise, ou or. Le poète chante le visage du Bouddha au visage de lune (bot-e mahruy), issu du temps lointain où le bouddhisme (...) recouvrait une large étendue du monde iranien, et le peintre représente cet archétype rond comme la lune, aux yeux en amande, aux sourcils arqués, à la bouche menue, qui a continué d'être célébré en littérature longtemps après que le souvenir du bouddhisme se soit effacé définitivement de la mémoire collective iranienne vers la fin du XIe siècle. Plus tard, ce visage idéal en est venu à ressembler un peu aux visages aux yeux bridés jaillis de l'Extrème-Orient au gré des invasions turco-mongoles." (Assadullah Souren Melikian-Chirvani).